Première de Laperche, bourdes de Richomme et Le Cléac’h et bad buzz des Belges… Coups de cœur et coups de griffe de la Transat Café L’Or

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DÉCRYPTAGE – Découvrez ce qui a plu et déplu à l’envoyé spécial du Figaro présent à l’arrivée de la transatlantique entre Le Havre et Fort-de-France.
Coups de cœur
Jeune-vieux, la recette gagnante
Pour cette édition 2025 de la Transat Café L’Or, les quatre tandems gagnants auront été composés au final d’un jeune et d’un vieux, les uns et les autres étant plus moins jeunes et vieux… Les jeunes, c’est sûr, ont (entre autres), apporté leur fraîcheur, leur dynamisme et leur capacité à appuyer sur l’accélérateur plus longtemps alors que les plus âgés ont mis dans la corbeille du mariage leur expérience, leur connaissance météo et leur capacité à savoir quand il faut relâcher le même accélérateur pour préserver leur bateau. Si onze ans séparent les vainqueurs en monocoque Imoca, Jérémie Beyou (naissance en 1976) et Morgan Lagravière (1987), l’écart d’âge grimpe à 15 ans pour Baptiste Hulin (1997) et Thomas Rouxel (1982), sacrés en trimaran Ocean 50, à 17 ans pour Guillaume Pirouelle (1994) et Cédric Château (1977) couronnés ce lundi en Class40 et carrément à 25 ans pour les premiers arrivés en trimaran Ultim, Tom Laperche (1997) et Franck Cammas (1972).
La belle première de Laperche et SVR Lazartigue
Ils ont été enfin récompensés de leur persévérance et de leur effort (financier mais pas que). En décrochant sa première victoire depuis la mise à l’eau du trimaran SVR Lazartigue en 2021, Didier Tabary, le sponsor de François Gabart puis de Tom Laperche (associé à Franck Cammas sur cette Transat) a découvert enfin l’ivresse du succès après des débuts dans la voile qui auront été agités. Et ce beau premier triomphe de Tom Laperche en Ultim confirme tout le talent du vainqueur de la Solitaire du Figaro 2022 idéalement lancé pour la Route du Rhum 2026, son rêve de jeunesse. Mêmes saveurs de victoire pour Jérémie Beyou et Jean-Paul Bigard, le patron de Charal, à l’issue d’un premier sacre dans une grande transatlantique. « On attendait ça depuis sept ans, donc on apprécie », glissait l’un des membres de l’équipe de Jérémie Beyou sur le ponton de Fort-de-France. Et certains marins d’autres bateaux devancés dans la marina antillaise se réjouissaient de voir leurs petits camarades et leurs fidèles partenaires enfin récompensés. « C’est bien que ça tourne sur les podiums et que tous les sponsors soient servis »…
Une formule qui fait ses preuves
Quatre catégories, quatre parcours et donc quatre vainqueurs… L’arrivée de la Transat Café L’Or (ex Jacques Vabre) a confirmé le succès d’une formule qui a permis de voir terminer groupés en deux jours à Fort-de-France les vainqueurs de trois des quatre séries (dans l’ordre Ultim, Ocean 50, Imoca), et mieux les podiums au grand complet. Idéal pour les passionnés, les suiveurs et les journalistes, même si les périodes de sommeil ont été particulièrement courtes et les nuits agitées pour accueillir les marins sur le ponton.
Francesca Clapcich, une femme rayonnante sur le podium
L’Italienne est la seule femme à avoir réussi à grimper sur le podium d’une des quatre catégories à l’arrivée en Martinique, cette année. Deuxième avec le Britannique Will Harris sur son monocoque 11th Hour Racing, Francesca Clapcich est seulement la deuxième étrangère à escalader en Imoca le podium de cette transatlantique après Ellen MacArthur, il y a tout juste 20 ans. Évidemment encourageant avant la Route du Rhum (2026) et le Vendée Globe (2028). La navigatrice de 37 ans au parcours riche (Jeux olympiques, Coupe de l’America et donc désormais course au large) a illuminé le ponton de Fort-de-France de son sourire éclatant et de sa joie de vivre.
Coups de griffe
Les « bêtises » de Le Cléac’h et Richomme
Ils ont été si souvent célébrés pour leur talent et leurs grandes victoires que lorsqu’ils se ratent, il ne faut pas les rater (amicalement). Immenses favoris dans leur catégorie respective, Yoann Richomme et Armel Le Cléac’h n’ont pas fait les choses à moitié, pour flinguer d’entrée leurs ambitions. Le premier, avec Corentin Horeau, s’est tapé à plus de 16 nœuds une bouée au large du Havre, moins de deux heures après le départ. Résultat, le gréement et l’outrigger tribord de son Paprec – Arkéa endommagés et un retour direct au port pour réparer. Le second, certes au terme d’une séquence épuisante de manœuvres à bord de son Ultim Banque Populaire dès la première soirée de course, a oublié d’actionner le système de verrouillage du safran bâbord, provoquant la remontée non prévue de celui-ci, l’obligeant, avec Sébastien Josse, à un arrêt à Lorient pour changer la pièce. « C’est une vraie bêtise », a confirmé sans se cacher Yoann Richomme, finalement dixième de sa classe à Fort-de-France, Armel Le Cléac’h se classant lui quatrième sur quatre en Martinique.
Des Class40 très en retard
La tempête ne les a certes pas aidés. Obligés d’effectuer un arrêt à La Corogne pour se protéger lors du passage d’une violente dépression, les (petits) monocoques Class40 (12 mètres) n’ont pas profité de la même fête que les trois autres classes à leur arrivée. Les deux premiers bateaux, qui sont arrivés ce lundi, soit onze jours après le premier Ultim, n’ont pas profité de l’effet de groupe et de la présence nombreuse des médias. Et même si le suspense aura duré jusqu’à la ligne d’arrivée (le duo Pirouelle-Château a finalement devancé le tandem Doyguet-Tréhin de 7 minutes après 16 jours de course), les Class40, n’ont pas du tout été dans le même rythme que tous les autres bateaux. Et du coup, au vu de leur retard important, il peut se poser la question de l’intérêt de leur présence, d’autant plus qu’ils étaient la flotte la plus nombreuse au départ, avec 42 unités.
Un grain (pas de beauté) vraiment mal placé
C’est une spécialité locale. Le grain, que dis-je, l’énorme grain, qui déverse des milliers (millions, milliards ?) de mètres cubes d’eau en quelques minutes. Et lorsque se déchaîne violemment le ciel, ce vendredi 7 novembre au petit matin à Fort-de-France, cela n’empêche pas les organisateurs de lancer la cérémonie d’accueil de Jérémie Beyou et Morgan Lagravière, avec champagne, trophée et photos souvenirs des vainqueurs (qui ont passé la ligne d’arrivée une bonne demi-heure plus tôt au large). Résultat, tous les présents, nombreux sur le ponton d’honneur de Fort-de-France, se retrouvent détrempés en un quart de seconde. Et cinq minutes plus tard, en bon grain antillais qui se respecte, la pluie disparaît et le ciel s’éclaircit. Il suffisait donc de patienter cinq minutes pour permettre à tous de célébrer dignement les grands vainqueurs, et aux médias, de pouvoir travailler sereinement. Deux jours plus tard, Sam Davies et Violette Dorange n’ont pas hésité à patienter à quelques centaines de mètres de la jetée pour laisser un méga-grain, avant d’accoster. Malignes les filles…
Le buzz excessif autour des marins belges
Ils ont défrayé la chronique et battu des records d’audience. Les deux marins belges, Jérôme Delire et Carole Dieu, qui se sont filmés en pleurs en accusant un « avion privé » d’avoir provoqué la perte de leur spi, a ému certains cœurs sensibles et fait rigoler ceux plus caustiques, provoquant un gigantesque buzz. «Pourriez-vous, s’il vous plaît, éviter de larmoyer en public. Et vous dire que quand on a le luxe de choisir ses “souffrances”, on n’a pas le droit de s’en plaindre», a réagi Loïck Peyron sur les réseaux sociaux. Contredits par la Marine Nationale, qui a affirmé avoir respecté une distance suffisante lors du survol de leur bateau, les deux Belges sont apparus tout sourire quelques heures plus tard sur leur Class40, avant d’abandonner dans la foulée après une avarie de rail de grand-voile. Beaucoup de bruit au final pour un tapage médiatique excessif.
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Apsny News