À Berlin, cette mobilisation pour protéger la mémoire des prisonniers de guerre français

25.03.2024 - Pazartesi 06:20

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ENQUÊTE - Alors qu’une pénurie de logements frappe la capitale allemande, les riverains d’un ancien camp de prisonniers français se sont regroupés contre un projet immobilier qui aurait effacé les dernières traces de ce vestige.

Correspondant à Berlin

Jusqu’à la mort de son père en 1990, Agnès Tanière, résidente de Saint-Félix-de-Rieutord, n’a jamais su qu’il avait été interné dans le Stalag III D de Lichterfelde d’août 1940 à mars 1945. C’est dans ce quartier berlinois, situé à la périphérie sud-ouest de la ville, que des historiens et des activistes locaux se sont chargés d’honorer publiquement la mémoire de Joseph Baby en retardant la construction, sur le site d’anciennes baraques de prisonniers, d’un gigantesque quartier résidentiel de 2500 habitations. L’ancienne infirmière à la retraite, à l’accent chantant du Sud-Ouest, n’en demandait sans doute pas tant. Dans les semaines qui ont suivi le décès de son père, elle s’était contentée de découvrir des courriers lui appartenant, soigneusement rangés dans la bibliothèque et que les enfants, de son vivant, n’auraient jamais eu l’audace de décacheter.

Environ 400 lettres ordinaires du soldat Baby, 15 génie, capturé en juin 1940 sur la ligne Maginot, adressées à son…

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