Fatma Naziri, une réfugiée afghane coincée dans l’impasse turque

08.10.2024 - Salı 17:45

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RÉCIT - Débordée par l’accueil de millions de Syriens, la Turquie a verrouillé ces dernières années les procédures d’asile. Les quelque 300.000 Afghans qui, comme Fatma Naziri et sa famille, vivent dans le pays, sont les premiers touchés par cette politique.

Fatma Naziri a toutes les raisons du monde de vouloir quitter la Turquie. Au rythme où vont les choses, sa demande d’asile pourrait ne jamais aboutir. Elle pourrait être refusée. Ils pourraient tous – Fatma, son mari et leurs quatre enfants – être jetés dans le premier avion, renvoyés en Afghanistan. « Plutôt se pendre », lâche-t-elle sans plaisanter. Là-bas, Fatma risque la mort. Ses deux filles, adolescentes, « encore pire ». « Des femmes, des femmes, toujours plus de femmes. C’est ce que veulent les talibans », tremble Fatma. Quant à demeurer en Turquie, c’est vivre avec ces peurs ; survivre de petits boulots sous-payés, jamais déclarés ; affronter les regards, les remarques, la colère d’une société « qui n’en peut plus des réfugiés », comme son voisin de palier aime à le lui rappeler.

Il y a ces raisons et il y a celle qui, à ce moment précis, dans cet atelier en sous-sol où Fatma fabrique des casquettes malgré son diplôme de littérature…

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