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Lecornu promet que les augmentations budgétaires «ne sont pas négociables»
09.01.2025 - Perşembe 09:14
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Les tensions internationales font courir le risque d’une escalade, a prévenu le ministre des armées, mardi, lors de la présentation de ses vœux aux Armées.
Alors que de nouvelles discussions commencent pour un budget, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a pris un engagement : maintenir l’effort de défense tel qu’il avait été prévu. « L’absence à ce jour de budget pour 2025 menace le réarmement », a-t-il prévenu en présentant, mardi, ses vœux à l’institution militaire réunie dans la cour d’honneur des Invalides à Paris. Les augmentations prévues par la Loi de programmation militaire 2024 2030 « ont été conçues dans mon esprit comme un plancher, et certainement pas comme un plafond. Cela n’est pas négociable », a-t-il insisté. Bercy est prévenu. Les militaires, eux, sont inquiets.
Pour l’année qui vient de commencer, une augmentation des crédits de 3,3 milliards euros était prévue. Mais chaque semaine qui passe sans budget correspondant menace de retard les programmes en cours, qui ont, pour certains, besoin de décisions dans les mois qui viennent. Au sein de l’institution, on s’alarme aussi d’une rupture de confiance avec les industriels, qui avaient été mis sous pression les années précédentes pour accélérer leurs propres cadences. Dans les détails budgétaires négociés en fin d’année dernière, des accommodements étaient déjà envisagés pour réintégrer dans le budget des armées des coûts assumés auparavant en interministériel. Alors qu’au sein de l’OTAN on parle de porter les budgets de défense à 2,5% voire 3% du PIB, la France peine à maintenir son effort.
«Il n’y a pas de raison d’être optimiste»
Rescapé de la censure, Sébastien Lecornu s’est félicité que la défense ait été épargnée par « l’instabilité politique ». Pour le reste, il s’est montré alarmiste sur l’état du monde. « Il n’y a pas de raison d’être optimiste », a-t-il déclaré, en refusant d’écarter le risque d’une « spirale escalatoire ». « La Russie nous entraîne dans une nouvelle forme de confrontation », a-t-il poursuivi en dénonçant explicitement la main de Moscou dans les déstabilisations électorales en Roumanie, en Géorgie et en Moldavie. « Les manipulations russes des cycles électoraux montrent le danger que font peser sur nos démocraties de tels modes d’action », a-t-il prévenu, en accusant aussi la Russie d’instrumentaliser voire d’organiser des flux migratoires à des fins de déstabilisation. L’accélération des menaces « fait peser sur la France et sur l’Europe entière un risque direct ou indirect, parfois encore invisible, sournois, discret, hybride, mais pourtant bien réel : nous ne devons pas faiblir », a-t-il prévenu.
Pour financer l’effort militaire au-delà des crédits budgétaires, le ministre cherche à lever tous les freins. La « taxonomie européenne actuelle », qui labellise et oriente les investissements, « génère encore un effet d’éviction aux financements de nos entreprises de défense. Cela est inacceptable ! », a critiqué Sébastien Lecornu. Ainsi, le critère d’arme « controversée » utilisé par certaines banques pour refuser de financer des investissements est dénoncé par le ministère et la Direction générale de l’armement : l’arme nucléaire est « controversée », dit-on. Elle est néanmoins vitale pour la défense française.
Le ministre a poursuivi sa mise en garde à la Commission européenne. « L’agenda européen de soutien à l’industrie de défense est utile mais il ne devra pas conduire à dépenser l’argent du contribuable européen pour produire sous licence des équipements américains », a-t-il assuré. Le ministre a plaidé pour une politique d’exportation des armements français « plus compétitive ». En 2024, les exportations d’armes françaises ont atteint plus de 18 milliards d’euros, a-t-il indiqué. Ces marchés extérieurs sont vitaux pour les entreprises de défense.
Si la loi de programmation militaire prévoit un effort de 413 milliards d’euros d’ici 2030, les besoins de l’armée française sont gigantesques si elle veut faire face à la montée des risques. Sébastien Lecornu a dressé un tableau en forme d’alerte. En matière de guerre électronique, « nous ne sommes pas au niveau ». En matière spatiale, « l’histoire industrielle reste à écrire ». Il a aussi plaidé pour un effort plus significatif en ce qui concerne l’intelligence artificielle. « 2025 doit permettre le passage à l’échelle » pour permettre à la France « d’être leader en IA militaire », a-t-il assuré, en annonçant la création d’un Commissariat au numérique. Il a aussi promis des efforts en matière de technologie quantique et de dronisation de l’armée. « Il y a urgence, seul le résultat compte », a-t-il déclaré. Il n’a pas dit comment le budget prévu initialement permettra de remplir tous ces objectifs.
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