quel avenir pour Kamala Harris après sa défaite face à Donald Trump ?

08.11.2024 - Cuma 11:58

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Sénatrice, gouverneur, auteur ou encore... randonneuse, de multiples possibilités de reconversion s’offrent à Kamala Harris après la vice-présidence. La démocrate n’a, pour l’heure, pas exposé publiquement ses projets futurs.

Le 20 janvier prochain, Kamala Harris quittera ses fonctions de vice-présidente des États-Unis. La candidate démocrate s’est en effet inclinée face à son rival républicain Donald Trump lors de l’élection présidentielle. Après quatre années passées aux côtés de Joe Biden et une campagne intense d’un peu plus de trois mois, l’avenir politique de Kamala Harris n’a jamais été aussi incertain.

Si pour l’heure, elle n’a pas encore exposé publiquement ses futurs projets, l’ancienne sénatrice de 60 ans a assuré qu’elle ne «renie pas le combat qui a alimenté cette campagne», lors de son «concession speech», le traditionnel discours prononcé par le perdant à l’élection pour reconnaître sa défaite.

Selon son alliée de longue date, la lieutenant-gouverneur de Californie, Eleni Kounalakis, il est encore trop tôt pour planifier la nouvelle étape de sa carrière. «Elle essaie simplement de réfléchir», a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’elle «aura une réponse à cette question dans les mois à venir», rapporte le New York Times . En attendant d’en savoir plus, Le Figaro fait le point sur les possibilités qui s’offrent à celle qui souhaitait devenir la première femme présidente des États-Unis.

Se présenter à nouveau en 2028

Pourrait-elle se lancer une nouvelle fois dans la course à la Maison-Blanche en 2028 ? Si cette hypothèse fait partie des possibilités, l’histoire du parti prouve que les démocrates n’ont pas l’habitude de représenter un candidat défait. Après l’échec d’Hillary Clinton en 2016, le parti l’avait rapidement mise de côté, bien qu’elle ait continué à entretenir de bonnes relations avec les donateurs. 

En 2004, à la suite de sa défaite face à Georges W. Bush, John Kerry avait décidé de ne pas se représenter en 2008, soutenant la candidature de Barack Obama, qui l’a nommé secrétaire d’État en 2012. Joe Biden lui a ensuite offert le poste d’envoyé présidentiel pour le Climat en 2021. Il a démissionné après avoir contribué à la campagne de réélection de Biden en 2024. En octobre dernier, John Kerry a rejoint un fonds d’investissement engagé dans l’écologie.

Albert Arnold Gore, appelé Al Gore, avait lui aussi renoncé à se représenter à l’élection présidentielle en 2004, après avoir échoué face à Georges W. Bush en 2000. Le démocrate avait perdu alors qu’il avait obtenu le vote populaire. Cette campagne avait été marquée par plus d’un mois de décomptes incertains des bulletins de vote. À l’instar de John Kerry, Al Gore s’est engagé dans l’écologie à travers la réalisation d’un documentaire présenté au Festival de Cannes en 2006. Et a même été lauréat du prix Nobel de la paix, avec le GIEC, en 2007. En parallèle il a créé un fonds d’investissement dans l’économie durable. Il est aujourd’hui membre du conseil d’administration du Forum économique mondial.

Si Kamala Harris souhaite malgré tout se représenter, sa lourde défaite face à Donald Trump, notamment à l’échelle du vote populaire, pourrait avoir refroidi les donateurs du parti, souligne le New York Times.

Un poste inférieur en politique

Kamala Harris a toutefois bien d’autres opportunités politiques, comme celle d’un retour à un poste au Sénat - elle était sénatrice de Californie de 2017 à 2021. Ce scénario semble néanmoins peu probable car les deux sénateurs californiens actuels ne sont pas susceptibles de démissionner de sitôt, rappelle le New York Times.

La vice-présidente peut, en revanche, briguer un mandat de gouverneur, un poste qu’elle n’a jamais occupé. C’était ce qu’avait fait Richard M. Nixon - sans pour autant remporter l’élection, NDLR - après avoir perdu la campagne présidentielle en 1960. Ces deux échecs n’ont pas empêché le républicain d’être élu chef d’État en 1969. Toutefois, Kamala Harris pourrait refuser de se lancer dans la course car son alliée Eleni Kounalakis est déjà en lice. «Bien sûr, si elle était intéressée, son nom pourrait être une option. Mais je ne sais pas si elle le voudrait. Ce serait considéré comme un recul», analyse dans le Times Mark Buell, un donateur démocrate de San Francisco qui a travaillé dans l’équipe de campagne de Harris lorsqu’elle s’est présentée au bureau du procureur en 2002. Ce dernier révèle par ailleurs qu’en interne, tout le monde se demande «si ce n’était une erreur d’avoir nommé Harris pour remplacer Biden sans qu’elle ne l’ait mérité [...] Une personne m’a dit qu’il ne financerait pas sa candidature – cela diviserait le parti californien si elle se présentait».

Dernière option politique, certes bien moins ambitieuse, devenir porte-parole du parti démocrate et ainsi «jouer un rôle au sein du parti national», avance auprès du Times Richie Greenberg, un commentateur politique républicain de San Francisco.

Malgré les multiples possibilités, certaines personnalités ayant travaillé avec Kamala Harris sont plus pessimistes sur son avenir en politique. Comme son ancien directeur de communication durant son mandat de procureur général de Californie, Gil Duran. Ce journaliste basé à San Francisco juge que sa défaite «semble être la fin d’une carrière politique, et non le début. C’est comme si la partie était terminée. C’est tragique, pour elle et pour le pays».

Travailler dans le secteur privé

Comme beaucoup de personnalités politiques, Kamala Harris peut se tourner vers le secteur privé, bien plus lucratif que la politique. En rejoignant notamment un cabinet d’avocats ou un groupe de lobbying. «De nombreuses personnes disposant de beaucoup d’argent à Washington et en Californie seraient heureuses qu’elle les prenne comme clients», explique le New York Times.

Rejoindre un think tank

De multiples candidats potentiels et membres de l’administration démocrate ont travaillé pour le think tank Center for American Progress, de tendance progressiste, indique le journal new-yorkais. Mais ce dernier considère que «rejoindre un groupe de réflexion existant pourrait être un geste trop modeste pour quelqu’un qui était sur le point de siéger elle-même dans le Bureau ovale».

Kamala Harris ne pourrait pas non plus envisager de fonder une nouvelle organisation à son image. Car ce projet nécessiterait une collecte de fonds substantielle auprès des donateurs, refroidis par la défaite à l’élection.

Écrire un livre

Le New York Times évoque également la possibilité pour Kamala Harris d’écrire un livre, comme l’avait fait Hillary Clinton avec son ouvrage Ça s’est passé comme ça , à la suite de sa défaite en 2016, paru l’année suivante. Les éditeurs seraient sans aucun doute intéressés par un récit de son expérience au sein de l’administration Biden et de sa compagne contre Trump.

Se reposer

Finalement, Kamala Harris pourrait tout simplement désirer souffler après ces trois mois de campagne éclair. «À ce stade, elle va devoir se reposer et panser ses plaies», a confirmé Richie Greenberg, commentateur politique républicain, au Times

Un scénario plausible puisque la candidate malheureuse avait déclaré avoir «l’intention de reprendre quelques kilos après tout ça», dans une librairie de Pennsylvanie le 27 octobre dernier, rappelle le New York Times. «Ils me font travailler comme une folle», avait-elle ajouté. 

Le journal évoque par ailleurs, avec une pointe d’ironie, la possibilité qu’elle parte en randonnée, imitant ainsi Hillary Clinton. Quelques jours après sa défaite contre Trump, l’ancienne secrétaire d’État avait été repérée par un randonneur dans un sentier situé à Chappaqua, dans l’État de New York.

Une chose est sûre, avant son départ de la vice-présidence, il restera une tâche importante à Kamala Harris : assurer la transition «pacifique» avec son successeur républicain J.D Vance, a-t-elle promis mercredi face à la foule.

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