qui est Tetsuya Yamagami, jugé à partir de ce mardi pour le meurtre de l’ancien premier ministre Shinzo Abe ?

29.10.2025 - Çarşamba 21:53

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Cet homme de 45 ans a justifié son acte par sa rancune envers l’Église de l’Unification (secte Moon), persuadé que la victime entretenait des liens avec cette dernière. Son procès s’ouvre ce mardi et doit se poursuivre jusqu’au 18 décembre, avec un jugement attendu le 21 janvier.

Trois ans après l’assassinat de l’ancien premier ministre japonais Shinzo Abe, s’ouvre aujourd’hui le procès de Tetsuya Yamagami, accusé de l’avoir tué en raison d’une rancune envers l’Église de l’Unification, plus connue en Occident sous le nom de secte Moon.

Le 8 juillet 2022, Shinzo Abe, alors âgé de 68 ans, a été abattu par une arme artisanale alors qu’il prononçait un discours électoral à Kashihara, dans la préfecture de Nara, à l’ouest du pays. Selon les enquêteurs, relate le journal japonais Mainichi, Tetsuya Yamagami aurait choisi de s’en prendre à l’ancien premier ministre nationaliste car il était convaincu que celui-ci entretenait des liens avec la secte Moon, également réputée pour ses positions conservatrices. L’accusé a expliqué avoir nourri une rancune profonde envers l’Église de l’Unification, qu’il jugeait responsable de la faillite de sa famille. Sa mère, membre de la secte, aurait fait don de près de 100 millions de yens (environ un million d’euros à l’époque) au mouvement. «Ma mère était une adepte d’un groupe religieux et a fait d’importants dons, ce qui l’a conduite à la faillite. J’ai pensé que je devais les punir», a-t-il déclaré aux enquêteurs.


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«Il était souvent seul pendant les déjeuners et les récréations»

Âgé de 45 ans aujourd’hui, Tetsuya Yamagami en avait 41 au moment des faits. Sans emploi à cette période, il avait auparavant servi dans les forces navales japonaises entre 2002 et 2005. C’est là, selon les autorités, qu’il aurait acquis des connaissances en armement et appris à fabriquer une arme artisanale. D’après les enquêteurs, il aurait utilisé l’une de ces armes, qu’il tenait encore en main lors de son arrestation. Après avoir quitté l’armée, Tetsuya Yamagami a enchaîné les emplois précaires. Son dernier travail était dans une usine de l’ouest du Japon, où il est resté environ un an et demi avant de démissionner en mai 2022. Son ancien supérieur, interrogé par le quotidien japonais Mainichi  en 2023 a confié : «Son attitude au travail n’avait jamais posé problème. Je suis surpris et choqué.»

Ses anciens camarades de collège dressent, eux, le portrait d’un adolescent discret et studieux. Interrogés par la chaîne publique japonaise NHK , ils le décrivent comme «une personne bienveillante, sérieuse et calme, douée pour le sport comme pour les études». Il avait intégré l’un des meilleurs lycées de la préfecture de Nara. Mais, selon plusieurs témoignages, il s’est progressivement isolé au fil des années. «Il était souvent seul pendant les déjeuners et les récréations», se souvient l’un d’eux. Tetsuya Yamagami avait perdu son père très jeune et a grandi avec sa mère, son grand-père et sa sœur cadette, au sein d’une famille aisée. C’est en 2002 que sa mère fait faillite à la suite de ses dons à la secte Moon, et que la haine et l’envie de vengeance débutent.

Une possible peine de mort

Avant son inculpation, Tetsuya Yamagami a subi un examen psychiatrique approfondi d’une durée de six mois, qui a conclu à sa responsabilité pénale. Le procès s’ouvre ce mardi au tribunal de district de Nara et doit se poursuivre jusqu’au 18 décembre, avec un jugement attendu le 21 janvier. Douze témoins seront appelés à comparaître, dont la mère et la sœur cadette de l’accusé, ainsi qu’un spécialiste des religions chargé d’expliquer les pratiques de dons et de ventes spirituelles au sein des sectes. Actuellement détenu, Tetsuya Yamagami encourt la peine de mort. Cependant, selon plusieurs experts cités par Les Échos, une condamnation à la réclusion à perpétuité est jugée plus probable, la peine capitale n’étant généralement prononcée au Japon que pour les auteurs de meurtres multiples.

Les avocats de la défense ne contestent pas les faits, mais entendent plaider des circonstances atténuantes. Ils affirment que le geste de leur client trouve son origine dans les souffrances que la secte Moon aurait infligées à sa famille. Le procès devrait donc s’attacher à déterminer si ces circonstances peuvent influencer la sévérité de la peine.

La secte Moon dissoute légalement

Fondée en 1954 en Corée du Sud par le prédicateur anticommuniste Sun Myung Moon, l’Église de l’Unification a obtenu le statut d’organisation religieuse au Japon une décennie plus tard. Souvent accusée de manipulations financières et d’avoir ruiné de nombreux fidèles, elle a longtemps entretenu des liens étroits avec certains membres du Parti libéral-démocrate. À la suite de l’assassinat de Shinzo Abe, une enquête gouvernementale a été ouverte sur ses activités. En mars 2025, le tribunal de district de Tokyo a prononcé la dissolution légale de l’Église de l’Unification, mettant fin à son statut d’organisation religieuse reconnue.

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