un an après la chute d’Assad, ces Syriens qui ne peuvent ni rester en Jordanie, ni rentrer au pays

04.12.2025 - Perşembe 00:48

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REPORTAGE - Un an après la chute d’Assad, le récit d’un « retour massif » se délite. En Jordanie, quatorze ans après leur exil, les Syriens demeurent pris au piège : étranglés par les dettes, trop vulnérables pour repartir. Avec l’ONG Medair, nous sommes allés à leur rencontre à Amman.

Les voisins la hèlent une fois encore : « Retourne d’où tu viens, puisque tu es si malheureuse ! » Salma* secoue la tête d’un air las. La pièce nue où nous la rencontrons s’ouvre sur une ruelle encombrée d’ordures, retournées par des dizaines de chats. Elle-même s’y penche parfois, ramassant des morceaux rassis de pain shrak qu’elle revend - quelques piastres tout au plus - à la voisine pour nourrir ses brebis.

Depuis sept mois, Salma* ne paie plus son loyer. « Rembourse, ou dégage ! », a hurlé en pleine nuit le fils du propriétaire, martelant la porte du plat de la main. « L’avocat a ensuite appelé pour exiger mon expulsion », souffle-t-elle, massant ses pieds enflés par l’arthrose et un diabète mal soigné. Chaque jour, elle emprunte pour survivre : « Cinq dinars pour le pain, cinq pour les médicaments… » Elle en doit désormais 700 dans le quartier.

Même couperet chez Aamer*, 58 ans. Avec six mois d’arriérés, l’ordre d’expulsion peut tomber d’une minute…

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