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Ils ont intégré des entreprises américaines et se sont servis de leurs fonds pour armer la Corée du Nord, Washington les sanctionne

Ils ont intégré des entreprises américaines et se sont servis de leurs fonds pour armer la Corée du Nord, Washington les sanctionne
Okundu
29 Ekim 2026 - 22:02

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Les États-Unis, l’Australie et l’Union européenne ont sanctionné dix ressortissants nord-coréens et russes pour avoir détourné des technologies d’entreprises américaines destinées à financer des programmes de missiles et d’arme de destruction massive de Pyongyang.

Le scénario a tout d’un film d’espionnage en pleine guerre froide. Les protagonistes sont les mêmes : communistes contre capitalistes. Seule la période a changé. Le département américain du Trésor a annoncé mercredi 29 octobre des sanctions contre une entité nord-coréenne basée en Russie, huit ressortissants nord-coréens et deux Russes, accusés d’avoir participé à un vaste dispositif de fraude destiné à alimenter les programmes de missiles et d’armes de destruction massive de Pyongyang. Les sommes détournées sont estimées à plusieurs millions de dollars.

Le procédé d’espionnage a pignon sur rue. Derrière des CV impeccables et des identités inventées, huit Nord-Coréens et deux Russes auraient infiltré des entreprises américaines. C’est ce que révèle l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le service des sanctions du département américain du Trésor. Une fois embauchés, ces opérateurs versaient la quasi-totalité de leur salaire à Pyongyang et pouvaient également accéder à des données sensibles, déployer des logiciels malveillants et même extorquer leurs employeurs.


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La Russie : le nerf de la guerre

La particularité de ce montage réside dans son organisation à distance. Les espions ont sûrement profité de la grande généralisation du télétravail, afin d’opérer depuis la Russie. Vladimir Poutine ne se cache pas de sa proximité avec le dirigeant Kim Jong-un, lequel a d’ailleurs envoyé des missiles et plusieurs milliers de soldats pour aider la Russie à sortir du bourbier ukrainien. Au cœur de cette opération, on trouve deux hommes : Ilya Aleksandrovich Boykov et Vitold Viktorovich Obertas, les intermédiaires financiers russes ayant facilité des transactions en cryptomonnaies pour le compte d’agents nord-coréens. Vitold Viktorovich Obertas est par exemple accusé d’avoir procédé à la conversion de près de 2 millions de dollars en cryptomonnaies et au moins 1,25 million de dollars supplémentaires en transactions monétaires pour des responsables de la République populaire démocratique de Corée.

Washington a aussi sanctionné le First Financial and Technical Development Center, une entité basée en Russie et contrôlée par la Corée du Nord ayant généré plusieurs millions de dollars au nom du gouvernement de la Corée du Nord. La FFTDC a déployé plusieurs travailleurs informatiques hautement qualifiés en Russie, qui utilisent des méthodes sophistiquées de blanchiment d’argent, y compris des transferts complexes de cryptomonnaies, pour faciliter leurs programmes de génération de revenu. Figure également sur la liste noire, le ressortissant nord-coréen Kim Ki Hyok. Il dirige la société Alis, une délégation de travailleurs informatiques au pays des Tsars. Depuis 2024, il a transféré près de 500.000 dollars en cryptomonnaies en Corée du Nord au nom de la délégation.

Une alliance occidentale

«Le régime nord-coréen continue de cibler et d’exploiter les entreprises américaines par des activités frauduleuses menées par ses opérateurs informatiques à l’étranger, qui utilisent des données sensibles comme armes et extorquent des entreprises pour des paiements importants », a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent. Le Trésor américain décrit un système organisé par l’État nord-coréen et développé à l’échelle internationale. C’est pourquoi l’Union européenne et l’Australie se sont associés aux États-Unis dans ces sanctions. «Ces mesures témoignent de leurs efforts visant à entraver la capacité de la République Démocratique de Corée du Nord à appuyer le développement illégal de ses programmes d’armes de destruction massive (ADM) et de missiles balistiques, ainsi qu’à contrer la coopération militaire illégale entre la RPDC et la Russie», a réagi mercredi le Quai d’Orsay.

Le communiqué dont est extrait ce passage a également été publié par l’Australie, le Canada, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la République de Corée, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne. Ils appellent notamment à la «dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la RPDC», ainsi qu’à «abandonner ses programmes illégaux d’armes de destruction massive et de missiles balistiques». La Corée du Nord a réaffirmé son ambition de puissance atomique irréversible au mois de septembre 2026. La ministre des Affaires étrangères a affirmé vouloir conserver l’arme atomique «pour toujours», après que le président de Corée du Sud a plaidé pour une «péninsule coréenne débarrassée des armes nucléaires».

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