Le viol, tabou suprême de la guerre en Ukraine

24.03.2024 - Pazar 09:59

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Olena et son mari.
Pierre Polard

ENQUÊTE - Les témoignages laissent entrevoir l'ampleur des violences sexuelles perpétrées dans les territoires occupés par la Russie et dans les camps de prisonniers de guerre. Les autorités ukrainiennes cherchent activement à identifier les coupables et à établir la responsabilité du commandement russe.

De notre envoyé spécial à Kiev

Olena a accepté de parler, à une seule condition : ne pas directement commencer par ce qui lui fut infligé, écouter d’abord toute son histoire, depuis le début. Avant de témoigner, Olena dresse une table, puis s'écarte et laisse une chaise vide. Elle marque une distance, ou peut-être une absence, et s'installe un peu plus loin dans la pièce. Sur la chaise laissée vide, elle ne s'assoira que pour montrer comment ses tortionnaires la ligotaient.

«Je viens de Kamianka-Dniprovska, un village au sud d'Energodar, dans la région de Zaporijjia , commence Olena, 51 ans. Quand la guerre éclate , je suis seule : mes filles étudient et travaillent au loin alors que mon mari, un soldat, est déjà déployé sur le front. Dès le 27 février 2022, des blindés marqués de la lettre Z arrivent …» Le 6 octobre 2022, Olena est arrêtée chez elle par «deux militaires et un agent du FSB qui s'appelle Yan Zanevsky».

La particularité d'Olena est qu'elle peut aujourd'hui identifier…

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