La Coupe du monde des clubs, Ferrari dans le rouge, l’arrogance de Corentin Moutet... Nos coups de griffes d’une intense année de sport

26.12.2025 - Cuma 06:28

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AVIS - Des échecs des Bleus en basket et au volley à l’inutile Coupe du monde des clubs de football, découvrez ce qui a déplu aux journalistes de la rédaction des sports du Figaro en 2025.

La Coupe du monde des clubs, une idée de génie (B.D)

Comme s’il n’y en avait pas déjà assez, les grands penseurs du football mondial ont eu la bonne idée de mettre en place la Coupe du monde des clubs l’été dernier. Chelsea l’a remporté, devant le Paris SG, et personne ne s’en souvient déjà. Les Parisiens ont à peine eu le temps de savourer leur victoire en Ligue des champions qu’il fallait repartir au combat du côté des US, les matches se sont enchaînés, les équipes invitées se sont coltiné des rencontres en plein cagnard et en Europe certaines équipes ont débuté leur préparation d’avant-saison en plein Mondial des clubs. Ubuesque. Risible. Côté suspense, on a voulu nous faire croire à un semblant d’intérêt avec l’émergence d’équipes brésiliennes. Au final, 5 des 8 quarts de finaliste provenaient de l’Europe. Que dire aussi du dérèglement du calendrier ? Le PSG de Luis Enrique a joué sa première partie de saison sans quasiment toute sa ligne d’attaque avec des blessés en pagaille. Et en juin prochain il faudra remettre ça pour la «vraie» Coupe du monde. Dans quel état seront les principaux acteurs ? Personne ne le sait. Mais que le show continue.

La sortie de route des volleyeurs français au Championnat du monde (C.C.)

Lors des Jeux de Paris 2024, l’équipe de France de volley avait donné du rêve à tous ses supporters, et aux curieux qui découvraient le (très) haut niveau de la discipline. Un an plus tard, la fameuse «Team Yavbou» a raté sa sortie lors du Championnat du monde organisé en septembre aux Philippines. Pourtant, l’histoire avait parfaitement commencé par une nette victoire sur la Corée du Sud. Las, derrière, les blessures s’en sont mêlées, un petit péché de suffisance aussi s’est sans doute installé, et la Finlande a surpris les Bleus en cinq sets, avant que l’Argentine ne referme le couvercle, là aussi au bout des cinq manches. Capitaine émérite des doubles champions olympiques en titre, Benjamin Toniutti, même s’il n’a pas encore officialisé sa retraite internationale, aurait mérité une fin plus grandiose. De même que d’autres (Jenia Grebennikov, Nicolas Le Goff) qui pourraient, aussi, en rester là.


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Le suspense a disparu du paysage cycliste (J.J.E)

Le(s) favori(s) gagne(nt). Le cyclisme qui a raffolé des victoires impossibles, des équipiers propulsés sur le devant de la scène un jour de classique ou de grands rendez-vous n’a pu, en 2025, chez les hommes profiter de l’effet de surprise. Notamment en raison de l’ultra domination de la formation UAE Team Emirates (97 victoires, dont 20 pour Tadej Pogacar). La discipline et le Tour de France en ont souffert. Le cyclisme féminin a, lui, su s’offrir des succès inattendus, comme celui de la Canadienne Magdeleine Vallières récompensée, à la surprise générale, du titre de championne du monde à Kigali. Elle qui occupe traditionnellement le rôle d’équipière dans la formation EF Education-Oatly.

Après la folie des JO, brutal retour sur terre pour les Bleus du basket (C.R)

Retraite pour Nicolas Batum et Nando De Colo, blessure pour Victor Wembanyama, Evan Fournier ou Mathias Lessort, absence pour raisons personnelles pour Rudy Gobert... Au moment d’attaquer l’EuroBasket, l’été dernier, en Pologne et en Lettonie, il ne restait plus grand-chose des Bleus vice-champions olympiques à Paris, un an plus tôt. Une équipe rajeunie, privée de plusieurs joueurs majeurs et qui n’avait, a priori, pas vocation à titiller la Serbie et les autres favoris à la victoire finale. Ça n’empêchait toutefois pas d’ambitionner une médaille, en ayant un peu de chance au tirage. Les hommes de Freddy Fauthoux - successeur de Vincent Collet - ont toutefois vu leur parcours stoppé dès les 8es de finale, éliminés par la modeste Géorgie. Une vraie déception, malgré les absences des uns et des autres. D’autant que c’est la surprise finlandaise qui attendait les Tricolores en quarts, après avoir écarté Nikola Jokic et compagnie. Un crash qui, espérons-le, sera oublié en 2027, lors de la Coupe du monde au Qatar.

Nice en Europe : invités, mais jamais à la fête (E.C.)

Nice devait grandir, Nice s’est ratatiné. Engagé en Europe avec des ambitions affichées et un discours presque conquérant, l’OGC Nice a surtout offert en 2025 un récital d’impuissance et de fébrilité. Matchs ternes, erreurs grossières, incapacité chronique à hausser le niveau quand l’exigence montait : le Gym a rappelé à l’Europe qu’il ne suffit pas d’y être invité pour exister. Cette campagne s’est même muée en naufrage statistique, avec une série (toujours en cours) de 18 matchs européens sans victoire... un record pour un club français, symbole cruel de l’écart entre les promesses et la réalité. Là où l’on attendait du caractère, il n’y a eu que de la prudence frileuse; là où l’on espérait une équipe, on a vu une équipe sans souffle ni idée. Avec 0 point en Ligue Europa cette saison, les Aiglons n’ont inscrit que 4 buts en 6 matchs. Le projet, pourtant séduisant sur le papier, s’est tué dans l’œuf : le Gym a voulu changer de dimension, mais s’est surtout heurté à ses propres limites. En 2025, l’Europe n’a pas puni Nice, elle l’a simplement remis à sa place.

Les Niçois après leur défaite contre Porto en Ligue Europa.
Icon Sport / Icon Sport

Ferrari en Formule 1, la chute sans fin (G. F.) 

Une quatrième place au Championnat du monde des constructeurs, aucune victoire, six petits podiums, Frédéric Vasseur qui peine à imposer sa patte mais qui garde la confiance des dirigeants, et un mariage du siècle avec Lewis Hamilton qui tourne (pour l’instant) au flop. La Scuderia Ferrari n’en finit pas de décevoir a tel point que le grand patron, John Elkann, a dû hausser le ton en demandant à ses troupes, et notamment ses pilotes, de «se concentrer sur la conduite et de parler moins». Une sortie médiatique rare qui montre à quel point la situation à Maranello est grave. Le grand chamboulement technique de 2026 dans la discipline permettra-t-il aux Italiens de redorer leur blason égratigné ? Pas sûr.

Le geste insensé et raté de Corentin Moutet en Coupe Davis (R.S.)

Il y a des choses qu’un joueur de tennis ne devrait pas faire. Le talentueux Corentin Moutet a déjà réussi sur le circuit des demi-volées entre les jambes au filet. Une fantaisie risquée et pas toujours payante. Et quand on porte la tunique bleue, mieux vaut les éviter, car on ne joue pas pour soi, mais pour une équipe. Le joueur de 26 ans semble l’avoir oublié lors du fiasco tricolore contre la Belgique en Coupe Davis. Mené 6-5, 15-15 dans la deuxième manche contre Collignon après avoir parfaitement maîtrisé la première, il a tenté et raté ce coup fumeux, avant de perdre dans la foulée le deuxième set, puis le match. Son incroyable raté a eu une incidence sur la piteuse élimination des Bleus même s’il n’explique pas tout. Le gaucher a bien ensuite publié un long message d’excuses sur ses réseaux mais le mal est fait. De quoi s’interroger sur sa place lors de la future campagne...


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Les bourdes de Le Cléac’h et Richomme (M. C.)

Grands favoris en trimaran Ultim et en monocoque Imoca de la Transat Café L’Or, Armel Le Cléac’h et Yoann Richomme ne se sont pas ratés dès la première nuit de course après le départ du Havre. Le premier, épuisé par une longue séquence de manœuvres à bord de son Ultim Banque Populaire a oublié d’actionner le système de verrouillage du safran bâbord, provoquant la remontée non prévue de celui-ci, et l’obligeant, avec Sébastien Josse, à un arrêt à Lorient pour changer la pièce. Le second, avec Corentin Horeau, a heurté à plus de 16 nœuds une bouée au large du Havre, moins de deux heures après le départ. Résultat, le gréement et l’outrigger tribord de son Paprec – Arkéa endommagés et un retour direct au port pour réparer. Après ces belles bêtises, qu’ils n’ont pas cachées, Armel Le Cléac’h s’est classé quatrième (sur quatre) à Fort-de-France et Yoann Richomme dixième. bien loin de la victoire qu’ils pouvaient revendiquer.

Après l’année de tous les excès, retour à la réalité pour le Paris Basketball (L.F)

Quelle saison 2024-2025 pour le Paris Basketball. Emmené par son duo de choc TJ Shorts-Nadir Hifi, Paris a brillé. Créé en 2018, le club n’aura attendu que sept années pour obtenir son premier titre de champion de France, quelque temps après avoir glané la première Coupe de France de l’histoire du club. Surfant sur la saison pleine d’avant - où les Parisiens s’étaient emparés de la Leaders cup, de l’EuroCoupe, avant de s’incliner en finale de Betclic Elite - TJ Shorts et sa bande ont ébahi les fans du ballon orange. Ce dernier a par ailleurs quitté les siens pour le Panathinaïkos cet été, après avoir été élu MVP des finales et du championnat. Ce départ, en plus de celui de nombreux cadres, a-t-il été de trop ? Sûrement. Avec une équipe grandement remaniée - malgré Nadir Hifi - et un changement d’entraîneur, le Paris Basketball peine cette saison 2025-2026. Si en championnat le PBB est encore en course en se plaçant à la 4e place, en Euroligue, ce n’est pas la même histoire. Malgré un début de campagne réussi, les hommes de Francesco Tabellini ont ensuite sombré. Sans victoire depuis le 13 novembre face à Valence lors de la 11e journée (90-86), le Paris Basketball a chuté... à la 19e et avant-dernière place, juste devant l’Asvel. Un déclassement qui fait tache. Pour 2026, le déclic ?

L’Irlandais Tadhg Beirne fracasse le genou d’Antoine Dupont (D. R.)

On dispute la 29e minute d’Irlande France, le 8 mars dernier à Dublin, quand le temps se fige. Antoine Dupont se tord de douleur au sol. Sur le grand écran, quand l’action repasse, on y voit le robuste deuxième-ligne du XV du Trèfle, Tadhg Beirne, déblayer le demi de mêlée français derrière un ruck. Propulsé par son pilier Porter, il tombe sur le genou droit de la star qui se plie affreusement. Rupture des ligaments croisés et huit longs mois d’absence à suivre. Une action qu’on peut estimer illicite. Ce ne sera pas l’avis de l’arbitre, l’Australien Angus Gardner. Ni de l’organisateur du Tournoi des six nations, qui rejettera la citation à comparaître déposée par Fabien Galthié. Par la désormais habituelle inversion des responsabilités, plaie de l’époque génération Z, les deux Irlandais joueront ensuite les victimes, affirmant que c’était «un incident de jeu», qu’ils n’avaient eu «aucune intention malveillante» et qu’ils avaient été «suffisamment punis» par les «terribles insultes sur les réseaux sociaux». Pendant qu’ils se complaisaient à se plaindre, Antoine Dupont, lui, passait sur la table d’opération avant de travailler de longs mois à surmonter la douleur et à retrouver la mobilité de ce genou droit aux ligaments croisés rompus pour la deuxième fois.

Le 8 mars dernier, Antoine Dupont est victime, à Dublin, dune rupture des ligaments croisés du genou droit, suite à un déblayage dangereux. Les auteurs ne seront pas sanctionnés.
PA Images / Icon SportIcon Sport

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